HUMEURS HUMOUR

Pas trop court hein ? Le coiffeur, les ciseaux et moi

Un matin, ça nous prend comme la chiasse (comme dirait ma mère) : on a envie de changer de tête.

« Je ne ressemble à rien !! Regarde moi ça ! » tendant une mèche vers le ciel pour se rendre compte de l’étendue des dégats.

Bien sur, le miroir ne répond pas (« miroir, mon bô miroir, qui est la poubelle ? ») mais nous, on acquiesce à notre propre reflet.

« Oh que oui j’ai besoin d’une bonne coupe de cheveux ! »

Evidemment pas le temps de prendre rendez vous, on sait que ce sera aujourd’hui, quitte à faire tous les salons de coiffure du département jusqu’à ce qu’un d’eux nous réponde que, oui, là, maintenant c’est possible.

On se sent déjà transformer rien qu’à l’idée que l’on va se faire couper les tiffs. Tous les rêves sont permis. On va être superbe.

On ne sait pas trop ce qu’on veut (« enfin pas trop court devant hein ? Puis la couleur : lumineuse mais pas trop flashy non plus, par contre un petit peu de volume, mais tout en nuance dans l’épaisseur, ok ? »)

C’est pas compliqué on veut un truc glamour, mais pas too much, sexy mais pas vulgaire, « classe » mais pas coincé et surtout moderne mais pas trop « hype ».

Bon en même temps on est pas complètement stupide, on sait qu’on n’aura jamais la chevelure parfaite des stars hollywoodiennes au festival de Cannes, mais malgré tout, on a envie d’y croire. Et on se dit que ça peut nous arriver à nous aussi de rencontrer LE coiffeur de notre vie qui arriverait à nous transformer en Julia Roberts en 3 coups de ciseaux.

Et là il semble que le rêve puisse devenir réalité.

« Je vois EXA-CTE-MENT ce que vous voulez ! » (alors que nous même on ne sait pas vraiment) alors on se met en confiance : enfin quelqu’un en osmose avec nous !

Ensuite c’est le ballet des peignes, ciseaux, pinceaux, papier alu et autres sèche-cheveux.

On surveille fébrilement le résultat de chaque étape dans le miroir en se rassurant : « en même temps c’est pas fini … faut voir quand ce sera fini … »

Au moment où on se répète que c’est quand même bizarre cette couleur, notre âme soeur de la perruque nous regarde avec un petit miroir brandi vers nous comme pour nous aveugler :  « Alors ? Ca vous plait ? »

Le gars est super enthousiaste comme s’il venait de peindre la Joconde.

Là on croise à peine son regard et on fait le constat.

A l’intérieur on hurle : « mais c’est qu’il m’a fait une frange de playmobil ce connard !!!!!!!!!! et le volume, on dirait les Jackson Five réunis tous ensemble sur ma tête … Putain et c’est quoi cette couleur ? Il a gardé le flacon de la couleur d’Yvette Horner ou quoi ???? »

On répond, avec un tout petit sourire minable, les yeux embués par un mélange de haine et de honte : « euh oui, c’est parfait … »

Tel un Forrest Gump des banlieues on court à une vitesse qu’on ne se soupçonnait même pas jusqu’à notre immeuble.

Dans notre salle de bain, on affronte la vérité : « JE NE RESSEMBLE A RIEN !! »

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