HUMEURS HUMOUR

Acheter une table basse chez Ikea … simple comme bonjour en suédois ! ;-)

Il est 9h50. Dans 10 minutes, votre magasin ouvre ses portes, dit la voix d’hôtesse. Visiblement je ne suis pas la seule à vouloir acheter une table de salon ce matin.

C’est la première fois que je me trouve à faire l’ouverture d’Ikéa.

Je suis entourée d’une bonne trentaine d’acheteurs matinaux et à ma grande surprise, nous petit-déjeunons tous ensemble. Quel élan d’amour et de partage que tous ces consommateurs de meubles en kit buvant d’un seul et même élan leur thé bouillant et dégustant leur biscuit krejnestuk (imprononcable mais tout à fait mangeable).

En même temps je me sens seule. J’aurais aimé pouvoir me blottir contre un homme et choisir avec lui la teinte du bois et le voir pousser notre petit chariot.

Boh, après tout, ai je vraiment besoin d’un homme pour ça ? Je suis tout à fait capable de pousser moi même ce chariot. Puis je me serais probablement disputer avec l’homme à propos de la couleur et de la forme de la dite table. C’est bien connu les hommes n’ont pas de gouts et puis c’est ma table après tout c’est à moi de la choisir.

« Nous vous souhaitons une agréable journée » : l’hôtesse n’a pas encore reposé le micro que la foule monte les marches 4 à 4 pour être les premiers à atteindre les appartements vitrines . On se croirait à l’inauguration d’une nouvelle attraction à Disneyland. Me voilà devant un salon chambre cuisine de 4 mètres carré parfaitement aménagé et il y a même encore la place pour garer un monospace dans le salon. Ils sont balèses quand même ! Oh la voilà ! C’est MA table ! Je la reconnais ! Elle m’attendait , elle a été faite pour moi (et pour environ 100 000 autres personnes en quête d’une table basse design et bon marché, mais qu’importe je me sens complètement épanouie à l’idée de m’offrir cette table, symbole de mon indépendance financière et de mon autonomie en matière de déco : eh oui une table peut représenter tout ça !)

Je repère le nom du produit (un mélange de consonnes et voyelles digne d’un tirage des chiffres et des lettres), l’allée et le numéro (ça m’a toujours épaté de savoir que chaque meuble a sa propre adresse à l’intérieur du magasin), tout ceci est noté à l’arrière d’un vieux ticket de caisse avec le crayon à papier des mini pouss offert par le magasin.

Je pousse mon petit chariot de manière tout à fait aisée, j’ai même une certaine classe en avançant vers le dépôt. Je pense que les gens que je croise se disent «  quelle femme ! » (j’ai les fesses qui partent légèrement vers l’arrière, essayant de faire contre poids avec tout le reste de mon corps face à ce chariot maudit qui part en direction opposée à ma volonté !)

Nous y voilà! Devant moi se dresse 5 mètres de cartons de table basse. Je jette un coup d’oeil autour de moi : pas l’ombre d’un monte charge ou d’un bras musclé. Réflechissons : s’ils laissent les meubles en libre service, vu le nombre de femmes seules en france, divisez par les probabilités qu’elles soient elles aussi en tailleur et talonts hauts pour faire leurs courses, multipliez par le fait qu’elles aient un gros manteau qui tient très chaud et qu’elles soient garés à l’autre bout du parking tout comme moi, cela signifie que le meuble ne doit pas être si lourd que je veux bien l’imaginer et que le carton paraît volumineux parce qu’il est sur d’autres cartons. Elémentaire mon cher watson !

Si tout le monde y arrive, je dois pouvoir y arriver : il n’y a pas de raisons !

J’entreprends donc une extension de mes bras en passant par un hissement de toute ma personne sur mes gigantesques orteils (je vous jure ils sont super longs ! On dirait des doigts !) qui me permettent donc de gagner 2 bons centimètres (presque suffisants pour atteindre le carton avant d’entendre un crac sur les phalanges de mes doigts de pied)

Oubliant ma souffrance pédestre, je fais une deuxième tentative. Yes ! Ce carton est mien … et de tout son poids ! Mon dieu ! Cette table pèse un âne mort (ou bien vivant plutôt, on dirait même qu’il utilise sa force contre moi). A peine essouflée (suis je asthmatique ?) je le dépose délicatement sur mon (trop) petit chariot. (bon ok je l’ai lâché violemment de toute ma hauteur et il a atterri à moitié par terre … mais ces meubles là c’est du solide non ?)

Bon le plus dur est fait, non ? Victorieuse et fière de moi, j’arrive à la caisse. (Je t’épargne la file d’attente avec la personne qui vit dans une maison constituée uniquement de bougies vu le nombre qu’elle achète). Je règle ma table basse : c’est officiel : elle m’appartient et il ne tient qu’à moi de la charger dans ma voiture. Je sors du magasin et je découvre que le chariot, lui, n’a pas le droit de quitter le périmètre de la porte automatique. Ne pouvant abandonner ma toute récente acquisition à son triste sort pour rapprocher ma voiture, je jauge rapidement la distance qui me sépare du but.

4,5,6,7 rangées de voitures et il ne pleut même pas. Allez je ne vais pas me décourager maintenant, d’autant que j’ai déjà soulever ce carton à l’intérieur du magasin (bon une micro seconde et j’ai cru mourir écrasée sous le poids des planches)

Bien sur il n’y a aucune prise sur le carton, il est 2 fois plus large que moi et il me paraît encore plus lourd que tout à l’heure. J’arrive à le soulever sur une distance héroïque (1 mètre !! whoua !) puis je décide en commun accord avec moi même, de faire une petite pause bien méritée. Le carton de 2 tonnes (d’après mes estimations ) repose sur le dessus de mes pieds. J’ai le visage sclérosée par mes efforts, je suis en nage sous mon manteau pure laine, je ne sens plus mes bras, mes mains et mes doigts commencent à présenter une jolie couleur rouge sang et des entailles disparates. Tel un athlète donnant tout ce qu’il a dans les entrailles dans la dernière ligne droite, je me motive pour parvenir en un seul sprint final à la ligne d’arrivée.

Sauf que j’ai oublié ma dopamine.

Je suis maintenant exactement à équidistance (eh je savais bien que ce mot appris en cours de maths me servirait un jour dans la vie : j’ai bien fait de pas sécher les cours au lycée dis donc !) du magasin et de la voiture, lorsque la pluie se met à tomber.

Pas une petite pluie fine et innocente. Non ! Une pluie tout droit issue d’une punition divine qui me serait directement adressée. Je reçois donc l’équivalent de 2 seaux d’eau en moins d’une minute. Le carton se détrempe à la vitesse opposée à laquelle je suis arrivée jusqu’ici (ouh que de mathématiques aujourd’hui), mes cheveux se collent irrémédiablement devant mes yeux m’empêchant de voir tout obstacle (plot et autre joie du parking). Dans un dernier soupir, je puise une énergie nouvelle, l’énergie du déséspoir qu’on appelle ça je crois, et j’arrive à ma voiture !

Je pleure de joie en sortant mes clefs. J’y suis arrivée ! Un dernier effort et le bonheur sera complet. J’arrive presque à partager la joie et la douleur de l’accouchement. J’en suis à la dernière poussée : puis la délivrance ! Ça y est ! J’ai acheté une table basse !!

Assise derrière mon volant je me félicite tout en reprenant mon souffle. Je tourne la clé dans le contact : Rien !

Feintant n’avoir rien vu, ni entendu, je renouvelle mon geste rotatif : Rien !

Noooooooooooooooooon ! Pas aujourd’hui ! Pas maintenant !

Eh bien si ! Je suis en panne, coincée à vie sur le parking où j’ai connu les pires souffrances que mon corps ait pu endurer !

Je vous épargne l’épisode de la dépanneuse et de la honte devant tous les clients des quelques dix magasins qui partagent ce parking (j’ai même appris que c’était le troisième plus grand d’europe, c’est dire !)

mais le dépanneur (un sosie de danny de vito en + gros et + petit) était un homme d’une grande gentillesse (il m’aurait même hébergé pour me « dépanner » bien sur, en précisant qu’il n’avait qu’une seul lit) et m’a monté le carton jusqu’à l’appartement. En échange j’ai du lui donner mon (faux) numéro de téléphone. Tout en réalisant que ça ne servait pas à grand chose puisqu’il savait désormais où j’habitais (que voulez vous je ne peux pas penser à tout lorsque j’improvise)

voilà il ne me reste plus qu’à monter ma table basse : 1 tournevis et c’est parti pour le show !

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5 thoughts on “Acheter une table basse chez Ikea … simple comme bonjour en suédois ! ;-)”

  1. moi aussi tu m’as bien faire rire ! mais j’avoue que j’aurais pu me retrouver dans cette galère. Mais à chaque fois que je me dis que je vais aller chez ikéa, je pense à leurs plots qui ne laissent passer que les piétons et les vélos (mais c’est dur de charger une table sur un vélo surtout quand on a 60 kms à faire !) et à ce foutu parking où la voiture est toujours garée à l’autre bout. Donc finalement je ne vais PAS toute seule chez Ikéa ! allez ça ira mieux demain !

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  2. mdrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrr quelle aventure 😉
    a chaque phrase je t imaginais en galère et me voyais aussi lors de ma dernière visite ikea.
    j y avais acheté une armoire 😦
    je ne me suis pas retrouvée en panne de voiture, juste que les colis ne rentraient pas dans la mienne mdrrrrrrrrrrrr
    bon a savoir ….ne jamais aller a ikea toute seule 🙂
    courage pour cette fin de journée
    biz
    carole

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Commentaires

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