HUMEURS HUMOUR, LA PAUSE FEMININE

J’vais faire les courses … j’en ai pour 5 minutes … Ma vie avant le Drive …

J’ouvre la porte du frigo pour prendre un yaourt.

Pas de yaourt … sur quoi vais je me rabattre ?

Visiblement il n’y a que mon écho qui me répond.

La sentence tombe : le frigo est vide , il va falloir aller faire les courses !

Bah après tout c’est le moment idéal pour commencer un régime et ne rien manger aujourd’hui ? !

Ouais bon je me connais je vais pas tenir longtemps à ce jeu : surtout que rien que le fait de savoir qu’il n’y a rien à manger me donne faim ! C’est psychologique (enfin + psycho que logique)

Bon soyons organisée telle la femme moderne et zen que nous sommes.

Où est ma liste de courses ?

Mais si j’en avais commencé une en même temps que Petite chérie de mon coeur faisait de la peinture à l’eau (ah beh oui j’aperçois le mot jambon en filigrane sous son oeuvre d’art)

C’est pas grave (je ne vais pas m’énerver devant sa créativité naturelle) je recommence.

Après 20 minutes d’efforts cérébaux, d’ouvertures de placards, fermetures de placard, et de calculs caloriques ( manger 5 fruits et légumes par jour, multipliez par le coefficient de petite puce qui n’aime pas les courgettes, les haricots verts et les bananes, additionnez à mon homme qui n’aime pas les choux fleurs, poivrons et pêches : ça nous donne brocolis tous les jours …sauf que moi j’aime pas les brocolis !!)

Allez en route : les rayons des supermarchés m’inspirent toujours, je sais que je ne reviendrais pas le chariot vide même si ma liste ne tient pas la route.

A peine une roue sur le parking que déjà le stress monte .. pas une place de libre.

Je fais 15 fois le tour du parking, manquant plusieurs fois au choix d’emboutir une mamie au volant ou une ménagère de moins de 50 ans poussant son caddie en inspectant son ticket de caisse et finis par me décider à me garer à l’autre bout, l’opposé, 15 km de l’entrée la plus proche.

Bon au moins je suis garée.

En spéléologie dans mon immense sac à main, je cherche le Tout petit jeton de caddie.

Mais celui ci se cache toujours. On dirait que son but dans la vie c’est de nous faire suer.

Eh eh je t’ai eu, te voilà et hop ! Aaaaaaaaargh ! Ouch ! Putain c’est coincé ! Personne ne me regarde ? Bon j’y vais avec les pieds et les bras ! Ah ! Victoire : caddie contre Me myself and I : zéro 1.

En général, à cet instant précis, je regrette toujours de ne pas avoir une trousse à outils sur moi afin de réparer La roue qui se bloque ou se barre en biais ou va dans une direction opposée aux autres.

Je dois alors ruser de stratégie pour atteindre l’endroit où je veux aller ; je dois me fixer régulièrement de nouveaux points de chutes car je ne peux évaluer que de petites distances.

Parfois le chariot m’emmène dans des directions contre ma volonté.

Bref me voilà enfin dans le magasin : temple de la consommation, palais des plaisirs alimentaires, château des tentations.

Je ne dois pas me détourner de mon objectif qui est de remplir le frigo et non pas mon armoire, ou la chambre de ma fille. (enfin du moins pas avant d’avoir acheter le minimum vital …)

Je commence à piocher dans les rayons et jeter dans le chariot.

Je suis stoppée net quand je surprend une conversation rayon boites de conserves

« mouais il semblerait que certains industriels ne rechignent pas à mettre des ajouts tels que celui ci ..; c’est une honte et dire que certains parents donnent ça à leurs enfants »

Ah non, moi je ne serais pas une mère honteuse.

Je démarre donc une étude approfondie de chaque étiquette.

Ligne par ligne, je scrute la moindre information qui ferait de moi une empoissonneuse.

Pfff ! Mais pourquoi je me prends la tête : de toute façon on a mangé au mc do hier soir, alors le mal est déjà fait.

Là un rayon m’appelle : « bibi, bibi … viens par là, je n’attends que toi » (oui le rayon des thés et tisanes vous l’aurez deviné … chacune à son petit péché mignon )

J’ai 14 000 sortes de thés et infusions en tout genre à la maison mais comme si les Lipton et autres Twinnings me connaissaient trop bien (comment ça je suis une cible parfaite et ils savent très bien comment je réagis à chaque passage en caisse ?? pfff ! Moi qui pensais être une femme mystèrieuse ..) ils m’inventent chaque mois de nouveaux « parfums ». Mon dieu, celui là je ne l’ai pas !!!! (telle la dernière image panini autocollante qui manque pour que l’album des « crados » soit complet … ah les années 80 !)

Bien sur, je ne l’ai pas .. sous entendu : il me le faut !!!!!!!!!!! (oui à ce moment précis ma survie dépend uniquement de cette boite de 25 sachets de thé saveur « soir d’orient » : un voyage à marrakkech pour seulement 2,15 euros : c’est une affaire non ?)

Après une élimination rapide de tous les mauvais arguments qui pourraient me dissuader d’acheter MON thé ( argument numéro 1 : ….. non j’vois pas !), je penche du côté osbcur de la force : la consommation.

Je suis tellement heureuse d’acheter des trucs qui NE sont PAS sur ma liste .. c’est fou … la prochaine fois je ne ferais pas de liste, comme ça, même acheter une tranche de jambon deviendra un bonheur suprême.

Me vlà à la caisse.

Je l’ai choisi consciencieusement : un papi avec 2 paquets de café contre 2 mères de famille à caddies bondés, franchement y’a pas photo, je vote pour le vioc.

Alors que je commence à déposer mes petites emplettes sur le tapis roulant, je comprends que bizarrement je ne vais pas être de suite , de suite la prochaine cliente.

Mister Papi nous la joue expert en café , tout jeune retraité de chez Carte Noire, ayant fait poussé des champs de caféier en colombie (hum il a du confondre quelques plantations vu sa tronche), et commence à faire un cours sur l’art de choisir son café moulu à la pauvre caissière stagiaire qui a déjà du mal à se concentrer sur son 2e code barre de la journée.

Je fais mine de regarder ma montre pour montrer mon impatience (ouais je sais j’abuse, mais vous noterez que je n’ai pas encore pousser de gros soupirs en soufflant « ppppfffffffffff » …)

Jacques Vabre Senior ne se démonte pas et passe à la seconde étape : payer en pièces de 2 et 5 centimes. La main tremblante il en profite pour renverser son porte monnaie .

Le vicieux ! Je me retrouve à 4 pattes sur le carrelage immonde (« le bout de salade il était à vous aussi ? ») à lui ramasser ses euros. En même temps si je veux qu’il s’active, il vaut mieux que je prenne les choses en main. Je vois la fin du calvaire se rapprocher (et mes 2 mères de famille et leurs caddies archi pleins de la caisse d’à coté déjà s’éloigner en direction du parking ) quand il semble secouer par une illumination (son pace maker s’est remis en route ?). Là il retrouve la fougue de ses 20 ans et me bouscule en passant par dessus mon caddie en fusburry : « je reviens tout de suite, j’ai oublié le sucre ! »

Je me surprends à souhaiter une bonne canicule (oui même en février, tout est possible avec le réchauffement climatique). Je ne vais pas faire la ménagère aigrie qui gueule comme une poissonière que les retraités ont toute la semaine toutes les heures du jour pour faire leurs courses : mais que non, ils choisissent entre midi et 2, ou le mercredi après midi ou pire le samedi ! Non je ne le dirais pas (je me contenterais de le penser fortement et de regarder mes surgelés se liquifier de seconde en seconde)

Le revoilà le sourire jusqu’aux oreilles : « pardon, pardon, pardon .. » beh oui derrière moi il y a maintenant une file d’attente de 30 personnes qui menacent de le lincher avec leurs boites de conserves.

« Vous avez la carte de fidèlité du magasin ? » lui demande la stagiaire toute fièrotte d’avoir retenu la phrase fétiche de la parfaite petite caissière.

« ah non ? C’est quoi exactement ? »

« euh … ne bougez pas je vais me renseigner … »

« oui sandrine c’est jessica à la caisse y’a un monsieur qui veut la carte de fidèlité, tu peux venir lui expliquer ? … ouais non ça va, y’a pas trop d’monde, les gens sont sympas, ils attendent. »

Je me retiens de l’étrangler avec le fil entortillé du téléphone.

Je suis zen : c’est le moment de faire appel à mes connaissances en méditation et yoga pour controler toutes mes énergies négatives.

Tiens je m’ouvre une plaquette de chocolat, ça va me calmer.

Quoi ? C’était quoi ce regard ? La mignonette caissière me dévisage comme si je venais de voler une voiture sous ses yeux : elle est profondemment choquée.

Je me sens obligée de préciser : « je vais la payer hein vous inquiètez pas »

Manquerait plus qu’elle appelle la sécurité, ça va pas nous aider cette affaire.

Finalement Vieux Débris se décide à partir avec ses 2 paquets de café et son paquet de sucre sous le bras, sifflotant et souriant.

C’est enfin MON tour ! Ah ah ! Victoire !

Bien sur j’ai 2 articles sur 3 qui ne passent pas au bon prix, et la pauvrette doit appeler une supèrieur pour faire les manip’ d’annulation.

Me revoilà de retour sur le parking en lutte avec mon chariot pour atteindre la voiture qu’évidemment je ne retrouve plus !

Où ai je bien pu me garer ? Ah oui j’étais à coté d’une Kangoo … j’aurais du me douter que le conducteur de la Kangoo mettrait beaucoup moins longtemps que moi pour faire ses courses …

Ah … y’a pas à dire, le Drive c’est un vrai progrès !

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1 thought on “J’vais faire les courses … j’en ai pour 5 minutes … Ma vie avant le Drive …”

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